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Pierre Loti : les derniers jours de Pékin 6/10

2005 décembre 26
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Posted by florent

Que vient faire Pierre Loti dans ces notes de lecture sur la Chine ?

Il vient raconter son voyage à Pékin, dans la cohorte militaire du corps expéditionnaire Franco-Anglais en charge d’aller mettre au pas les boxeurs en révolte, quarante ans après le saccage du palais d’été à Pekin, afin de bien montrer une fois pour toutes la suprématie occidentale.

Le livre , présenté comme un journal, commence en septembre 1900 et se termine en mai 1901.

L’avantage de ce livre, c’est qu’on se rassure sur le fait que tous les membres de ce corps expéditionnaire n’étaient pas aussi brutaux et insensibles, qu’il y avait quand même quelques esprits ouverts qui se demandaient “ne sommes nous pas en train de faire une bêtise ?”

Voici juste les trois dernières phrases du merveilleux Pierre Loti. Elles se situent après des scéances de profanation et de pillage à la cité interdite (la collection impériale de marionnettes d’ombres chinoises a fait un très joli brasier) :

Il nous semble que cette soirée vient de consacrer d’une manière irrémédiable l’effondrement de Pékin, autant dire l’effondrement d’un monde. Quoi qu’il advienne, l’étonnante cour asiatique reparaîtrait elle même ici, ce qui est bien improbable, Pékin est fini, son prestige tombé, son mystère percé à jour.

Cette “ville impériale”, pourtant, c’était un des derniers refuges de l’inconnu et du merveilleux sur terre, un des derniers boulevards des très vieilles humanités, incompréhensibles pour nous et presque un peu fabuleuses. 

Ces phrases renvoient pour moi à la peur de l’inconnu et de la conspiration, à la vision occidentale de la guerre (j’anéantis mon ennemi), opposée à la vision du jeu de go, mais heureusement elles me  donnent le signe d’une sensibilité à ce qui pourrait (ou aurait pu) être admirable dans l’incompréhensible de l’Autre.

J’ai un vieux bouquin acheté en 1905 (pas par moi!), aux éditions Emile Colin. Là aussi pas de photo google donc ; juste une photo de ce qu’il reste du temple du ciel (Tian Tan)

(merci à Fred pour la correction !)

10 Réponses Leave One →
  1. Fred permalien
    janvier 15, 2006

    Je me permets de corriger certains points.
    Il ne s’agit pas d’un corps expéditionnaire franco-anglais mais composé de soldats de 8 nations (France, Angleterre, Russie, Etats unis, Allemagne, Autriche, Italie, Japon).
    Le but de cette expédition n’était pas "de bien montrer une fois pour toutes la suprématie occidentale" mais de libérer les légations européennes assiégées par les boxers qui avaient déjà massacré un certain nombre d’occidentaux et de chrétiens chinois.
    Cela ne justifie évidemment pas le re-sac du Palais d’été en 1900.

    Quand à ta photo, c’est le Temple du ciel et non le Palais d’été.

  2. FLorent permalien
    janvier 15, 2006

    merci pour le commentaire et pour la correction sur la foto (je confesse n’y avoir jamais mis les pieds ; une honte!)

    je t’invite à lire le bouquin si tu connais le contexte historique, la sensibilité de Loti est vraiment intéressante. Le bouquin est toujours édité aujourd’hui ; je l’ai vu sur fnac.com.

    A+
    Florent

  3. Fred permalien
    janvier 16, 2006

    Je l’ai déjà lu. Il est très intéressant c’est vrai. Ca fait quelque temps déjà, mais j’ai gardé le souvenir de P. Loti dormant dans la Cité interdite et se servant des robes de l’Impératrice comme de couvertures.
    Il avait bien senti qu’une page était tournée et la proclamation de la Republique en 1911 lui a donné raison.

  4. porte-plume permalien
    mars 7, 2006

    à quand un post sur l’excellent ouvrage “La Chine en Folie” d’Albert Londres ?

  5. Pavé François permalien
    mai 7, 2006

    Le livre de Pierre Loti est en effet assez intéressant. Il arrive assez tard en Chine. Les combats ont cessez depuis presque deux mois. Agé alors de 50 ans et académicien, Pierre Loti effectue une sorte de voyage touristique. Ce n’est pas pour lui vraiment une expédition militaire. Pour avoir une idée de la boucherie que fut la guerre des Boxers, il faut lire les mémoires de Victor Petit, de Jules Bedeau ou plus rare le journal de Léon Silbermann. Les combats furent vraiment violents et les occidentaux ont utilisé les grands moyens pour réprimer le soulèvement des Yihetuans, les Boxers. Ces témoignages de simples soldats sont passionants. Pour une fois les fantassins de l’histoire prennent la parole.

  6. Pavé François permalien
    mai 7, 2006

    lire “ont cessé”

  7. Marie-Pierre Vital permalien
    mai 2, 2007

    FLorent,

    Je suis à la recherche de l’éditeur d’origine des Derniers jours de Pékin de Pierre Loti, paru en 1902. Ceci pour une note d’auteur qui vient de terminer un ouvrage sur Pékin (à paraître en septembre 2007).
    Petite urgence pour un ouvrage prêt à partir en imprimerie…
    Merci par avance de votre aide.
    Bonne continuation à vous.
    MPV

  8. mai 2, 2007

    Marie Pierre,
    L’exemplaire que j’ai porte la mention A.T.R sur la reliure . Il porte la mention au début “Paris – Calmann Levy Editeurs” et à la fin “Emile Colin – Imprimerie de Lagny – 9866-1-03.”
    Je n’ai pas trouvé la date de l’impression ; mais une dédicace manuscrite en première page indique “octobre 1905″

    Cela vous répond-il ?

  9. octobre 21, 2007

    J’ai trouvé ce blog en cherchant des infos sur le livre de Loti. Pour les curieux qui ne connaîtraient pas et que cela pourrait intéresser, je signale le roman de Santiago Gamboa,

  10. Anonyme permalien
    janvier 30, 2008

    “Légations européennes” qui n’avaient rien a faire là-bas! (la chine est-ce l’Europe?)
    Saccage de la cité interdite injustifié.
    la vraie motivation de ces “8 nations” qui avaient bien besoin de se regrouper pour se donner du courage, est financière. La barbarie, la stupidité, l’ignorance dont elles ont fait preuve démontre que le degré de civilisation est moindre en comparaison du pays-monde qu’elles ont tenté d’asservir.
    Le raffinement des Chinois est incomparable et ces abrutis qui détruisaient tout sur leur passage sans se rendre compte de la valeur inestimable de ce qu’ils foulaient aux pieds.
    Non, Fred cette attitude méprisable est inexcusable et ces nations devraient demander pardon pour leurs méfaits (car vous avez l’air de vouloir les dédouaner en disant que ce n’est pas de l’hégémonie, ce qui est faux, mettant plutôt en avant un prétexte qu’elles ont elles mêmes formaté).

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